2008-2013 : Quatre grands échecs

Notre commune est aujourd’hui confrontée à quatre difficultés. Quatre difficultés qui sont aussi, à mes yeux, les quatre grands échecs de la mandature qui s’achève, voire même, pour certains d’entre eux, des vingt dernières années

1.   Une situation financière particulièrement fragilisée

C’est sans doute sur le plan financier que le constat est le plus rude. Et le ressenti des Touquettois le plus amer, parce qu’il frappe directement leur portefeuille.

Ce n’est pas simple pour eux de s’y retrouver, car les finances locales ont des règles qui leur sont propres et les municipalités ont toujours tendance à n’informer la population de manière pédagogique que sur les chiffres qui servent leurs intérêts.

Je me suis beaucoup investie sur les questions financières, comme adjointe aux finances dans un premier temps puis comme conseillère municipale ; j’ai pu ainsi m’apercevoir que l’on pouvait faire parler un budget à peu près dans tous les sens que l’on souhaite. Je voudrais donc ici évoquer un seul élément, déterminant dans l’analyse financière d’une commune et qui a le mérite de provenir de Bercy. Chaque citoyen, et vous-même, pourrez donc le retrouver aisément sur internet.

Il s’agit de ce qu’on nomme l’épargne de la commune, appelée aussi capacité d’autofinancement (CAF). Cet indicateur synthétise parfaitement les choix de gestion effectués par la municipalité et les conséquences que cela peut produire. La CAF, c’est ce qui reste dans les caisses de la ville une fois qu’elle a payé ses charges de fonctionnement, c’est-à-dire les salaires de son personnel, les charges de gestion courante, les subventions aux différentes associations et à l’office de tourisme, etc.

Cette épargne est essentielle, car c’est elle qui permet à la commune de financer des investissements nouveaux et de rembourser sa dette.

Malheureusement, cette épargne n’a cessé de se réduire durant ce mandat et elle affiche même en 2012 un résultat particulièrement dégradé. J’affirme aujourd’hui que la situation financière du Touquet, notamment sa capacité à investir pour préparer l’avenir, est fragilisée ; n’importe quel expert, banquier ou consultant, peut le confirmer. Ne nous méprenons-pas : ce n’est pas la capacité de la ville à faire face à ces dépenses courantes ou au remboursement de sa dette qui est fragilisée (Le Touquet n’a d’ailleurs aucun problème en termes de dette, il faut en être conscient). Ce qui est fragilisé, si nous continuons dans ce sens, c’est la capacité de la ville à disposer des marges de manœuvre suffisantes pour financer les investissements nécessaires en vue de préparer l’avenir.

Alors on me répondra que c’est la faute à la crise économique qui frappe l’ensemble du pays depuis 2008-2009. Mais c’est un faux prétexte ! Un faux prétexte sur lequel s’est d’ailleurs appuyée la municipalité actuelle pour augmenter les impôts en début de mandat, malgré mes demandes insistantes auprès du maire pour ne pas s’y résoudre.

La crise a bon dos.

Si nous regardons de plus près les comptes du Touquet, on s’aperçoit que nos recettes « tournent » autour de 31, 32, 33 millions d’euros chaque année, et ce depuis une dizaine d’années. Il est parfois utile de se remémorer l’histoire, je fais donc ici une courte parenthèse.

Durant la période 1995-2001, les impôts avaient fortement augmenté, de l’ordre de 15%, afin de rétablir une situation financière qui était dégradée et pour éviter ainsi de perdre la confiance de nos prêteurs. Entre 2001 et 2003, les taux avaient ensuite connu une diminution d’environ 6%. Vous remarquerez donc au passage que le +15% qui aurait dû être conjoncturel, pour permettre à la ville de passer un cap, n’a pas fait l’objet par la suite d’une baisse équivalent : ce qui devait être transitoire a duré. Pire, la municipalité actuelle a même ajouté la hausse de 2% que je viens d’évoquer. Le niveau d’imposition actuel des Touquettois est le fruit de ces différentes périodes. Un niveau d’imposition élevé est compris et accepté par les contribuables quand, en retour, il permet d’élever la qualité de vie et de services offerts à la population. Pardonnez-moi, mais je ne suis pas certaine que cette qualité de vie et de services offerts ait progressé ces quinze dernières années autant que les impôts des Touquettois. Je ferme ici la parenthèse, pour revenir sur la question primordiale de l’épargne.

En l’an 2000, sur 29 millions d’euros de recettes, le Touquet dégageait plus de 7 millions d’épargne pour investir.

Au milieu des années 2000, avec près de 33 millions d’euros de recettes, elle continuait de dégager environ 6 millions d’épargne pour investir.

En 2010 et 2011, l’épargne n’atteint plus que 4/4,5 millions d’euros, alors que les recettes s’élevaient toujours à 32/33 Millions. Quant à 2012, elle se réduit à peau de chagrin, autour de 2 millions d’euros.

C’est ce que les experts appellent une situation critique. Moi j’appelle ça un signal. Un signal qui nous invite à corriger la trajectoire. Pour cela, il faut endiguer les causes de cet effondrement de l’épargne, c’est à dire l’augmentation des dépenses de fonctionnement. Car si le solde diminue alors que les recettes stagnent ou augmentent, c’est bien en effet parce que ces dépenses explosent. Il n’y a pas besoin d’être un spécialiste pour  comprendre cela.

Je vous épargne les chiffres (sans mauvais jeu de mots), chiffres disponibles eux aussi sur le site internet de Bercy, mais le constat est clair : depuis 4 ans, quasiment tous les postes de la section de fonctionnement sont en forte augmentation : masse salariale, frais d’études et de conseil, fais d’avocats, dépenses de communication, subventions, ou encore indemnités à la suite de contentieux. Contentieux qui empoisonnent Le Touquet depuis quinze ans, vous le savez bien.

J’avais réussi à empêcher cette fuite en avant budgétaire lorsque j’étais adjointe aux finances, les chiffres de 2009 l’attestent. Mais la municipalité a ensuite pris des décisions qui ont conduit à relancer la vague des dépenses improductives voire inutiles, ce qui a d’ailleurs motivé pour partie ma démission.

Il est donc aujourd’hui urgent de mener une politique de gestion beaucoup plus rigoureuse, beaucoup plus efficace. J’y reviendrai.

Alors quand j’entends que l’on envisage de financer simultanément un « Central Park » pour 8 millions d’euros et une salle de spectacles pour près de 40 millions d’euros, je dis attention.

Attention, ne retombons pas dans les travers d’une gestion déconnectée de nos capacités financières, dans les travers de projets pharaoniques qui vont grever pour de nombreuses années nos capacités d’investissement. Alors que nous avons tant d’investissements à financer pour entretenir notre patrimoine (en particulier l’hôtel de ville). Alors qu’il y a tellement d’investissement à financer pour répondre aux besoins de la population et de notre clientèle.

A SUIVRE…….

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Un commentaire sur “2008-2013 : Quatre grands échecs

  1. Voilà une explication très claire, les chiffres représentent la réalité sans faille des vrais résultats qui sont beaucoup moins honorifique que les très beaux discours de notre maire, le constat pour demain n’est donc pas un avenir serein pour l’intérêt des Touquettois ?

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