2008-2013 : Deuxième échec

2 Une station sur le chemin de la stagnation

L’économie touristique est quasiment notre seul moteur de création d’activités et d’emplois au Touquet. Et l’un des principaux sur le territoire du Montreuillois. Nous sommes un territoire qui, selon la terminologie des spécialistes en économie régionale, repose sur une économie résidentielle. Autrement dit, notre économie consiste à attirer et à capter des richesses qui ont été créées ailleurs, sur d’autres territoires, en France ou en Europe.  Ces richesses vont se déverser sur notre sol, par l’intermédiaire des touristes et par celui des personnes venues vivre ici leurs années de retraite. C’est par ce mécanisme que des acteurs privés sont amenés à investir sur notre territoire -à croire en son avenir donc- et à permettre ainsi la création d’emplois dans le commerce, l’artisanat, l’industrie de l’hôtellerie et de la restauration, les services à la personne, etc…

Sans doute pourrons-nous, demain, diversifier notre économie locale et développer d’autres leviers de croissance ; il n’en demeure pas moins que celui de l’économie touristique est primordial. Ce n’est pas une nouveauté, mais il est parfois utile de rappeler cette base de réflexion.

L’objectif de ce mandat – en tout cas le discours auquel j’ai adhéré il y a cinq ans quand j’avais répondu aux sollicitations pour intégrer l’équipe qui est devenue ensuite la municipalité – était de conforter le modèle économique de la station tout en renouvelant et en modernisant certains de ses fondamentaux. J’entends par là poursuivre la volonté d’un développement plurisaisonnier, capable de maintenir et de renforcer l’attractivité de la station tout au long de l’année, capable d’attirer une clientèle européenne à haut pouvoir d’achat, capable d’offrir une rentabilité aux acteurs privés et des emplois à notre population.

Qu’a-t-on fait sur ce plan ces dernières années ? A vrai dire pas grand-chose.

Il faut bien entendu reconnaitre les quelques améliorations qui ont été apportées ici ou là, je pense par exemple au travail qui a été mené en termes de visibilité dans la presse, sur internet ou dans les grands salons européens, ou encore à la gestion de certains équipements (centre équestre).

Mais soyons lucides, soyons honnêtes. Aucun équipement structurant, public ou privé, n’a été créé. Aucun évènement capable de faire vivre nos commerces, hôtels et restaurants n’a vu le jour, malgré les sommes phénoménales qui ont pu être dépensées. Il faut être conscient que nombre de commerces et d’hôtels connaissent aujourd’hui beaucoup de difficultés, notamment en matière de trésorerie. C’est tout simplement leur ouverture toute l’année qui est menacée. Sans parler de nos restaurateurs et de nos commerces de bouche, impactés par la diminution de la population permanente dont je reparlerai dans un autre « post ». Rappelez-vous la fermeture d’une boulangerie rue de Metz…C’était un signal !

Il suffit de regarder les Unes des journaux ces six dernières années; on a beaucoup promis, on a fait beaucoup d’études, d’esquisses, de maquettes, de projets, mais combien ont vu le jour? La réponse est simple : quasiment aucun, malgré, à nouveau, l’énormité des sommes dépensées.

Alors on a géré le quotidien, la routine si je puis dire, mais on a relativement peu innové. C’est pourtant sur ce point, la capacité à innover, à anticiper les attentes du marché, à avoir une longueur d’avance, que Le Touquet a pu prospérer depuis sa naissance. C’est sur ce point aussi qu’elle est attendue. Il faut aujourd’hui se réveiller, le monde a changé, les attentes des clients-touristes et leur capacité de mobilité aussi. Nous ne pouvons continuer à évoluer en vase clos, comme si nos concurrents n’existaient pas. Car les 500 autres stations classées que compte la France, et les milliers de destinations qui existent autour d’elle, sont bien des concurrentes. Il faut en avoir conscience. Le grenelle du Tourisme qui fut organisé courant 2008 aurait pu constituer le déclencheur de ce « sursaut » ; malheureusement ce fut surtout un long défilé de limousines et de discours, une accumulation de constats et de comparaisons avec Deauville, mais en rien l’once d’un début de plan d’actions.

Je ne cherche pas ici à dire que tout va mal, que rien n’a été fait ou qu’il faut tout changer ; ce serait faux et surtout inutile. Mais je tiens à parler vrai et à ne pas masquer les réalités, celles que vivent concrètement et quotidiennement les acteurs privés de la station ; je préfère les écouter, les entendre et en prendre acte. Et surtout éviter l’autosatisfaction déployée aujourd’hui même sur les plateaux de télévision. Mais personne n’est dupe !

Oui, Le Touquet est aujourd’hui l’une des plus belles stations littorales de France, sans doute même la plus complète grâce aux nombreux équipements sportifs dont elle dispose et la plus attractive au Nord de Paris ; il n’en reste pas moins qu’elle ne résiste aujourd’hui que grâce à ses acquis, hérités des Années Folles et des années 1970/1980, prenant ainsi le risque de se banaliser. 

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