Réponse au bilan du maire sortant

En réponse au bilan du maire sortant du Touquet paru dans la Voix du Nord (édition du 15 décembre), je tiens ici à corriger un certain nombre de déclarations et rectifier plusieurs contre-vérités formulées par ce dernier.

J’estime en effet que les débats qui émergeront durant la campagne électorale seront d’autant plus constructifs et sereins qu’ils s’appuieront sur un état des lieux incontestable (donc sur des données avérées et officielles) et sur un langage de vérité. 
1. Des responsabilités financières qu’il s’agirait d’enfin assumer
A trois reprises au moins, le maire sortant rejette toute forme de responsabilité sur son prédécesseur, dont il était adjoint en charge des finances durant sept ans :
– Pierre&Vacances : « le dossier a été initié il y a plus de vingt ans« , dit-il. C’est vrai ! Mais il a également été soldé, intégralement, en 2007. Autrement dit, il n’y avait aucune « ardoise » Pierre&Vacances quand Léonce Deprez a quitté l’Hôtel de Ville et quand M. Fasquelle et sa municipalité ont pris leurs fonctions. Chacun pourra le vérifier en consultant les comptes de la ville sur le site de Bercy consacré aux finances des collectivités locales.
– Permis de construire des lotissements Tulipes-Boutons d’Or-Pâquerettes : « les permis de lotir datent de 2006″ affirme le maire sortant. C’est vrai ! Mais ce ne sont pas les permis de lotir qui ont été attaqués et déclarés illégaux par les juges, mais bien les permis de construire qui ont ensuite été signés ! N’importe quel étudiant en droit sait pourtant que lotir n’est pas construire…
En l’occurence, alors que pour certains permis des contentieux étaient déjà en cours devant la juridiction administative, le maire a continué d’en signer de nouveaux… C’est bien cela que les Touquettois  reprochent aujourd’hui au maire sortant.
Coût de l’opération: 2.5 Millions d’euros d’impôts des Touquettois partis en fumée.
– Redevance versée par le casino Barrière à la ville : « Revue à la baisse par Léonce Deprez. En 5 ans, cela nous a coûté 2.5 Millions d’euros« . Ce n’est pas tout à fait exact et Daniel Fasquelle le sait très bien, puisqu’il a lui même voté, comme adjoint en charges des finances, la délégation de service public qui lie la commune et le casino.
Ce contrat prévoyait des clauses qui n’ont pas été respectées ni d’un côté ni  de l’autre ! Dès lors ce contrat n’ aurait-il pas pu  être renégocié ?
Reporter une quelconque reponsabilité sur le dos de la municipalité précédente, a fortiori celle dont il était un des principaux acteurs, semble donc totalement  inapproprié…
En conclusion, le maire sortant indique dans cet article que les finances de la ville n’ont pas été mises en péril car « nous avons provisionné ». Certes. Mais ce n’est pas parce qu’on provisionne qu’on ne doit pas payer !
Les 2.5 Millions d’euros que nous aurons versés dans le cadre des contentieux relatifs aux permis de construire illégaux ont bien été payés par les impôts des Touquettois (dont les taux ont été relevés de 2% par Daniel Fasquelle) et par la vente de terrains communaux qui appartenaient au patrimoine public des Touquettois.
2. Déni de réalité et fuite en avant : les deux écueils de la gestion actuelle
 

L’autre partie de ce bilan est consacrée à une entreprise d’autosatisfaction sur deux sujets essentiels pour Le Touquet et qui méritent pourtant une approche sérieuse, objective et constructive: le front de mer et la population permanente.

– Front de mer: « il y avait tout à faire », rappelle sans doute à juste titre le maire sortant. Mais il y a toujours tout à faire, ai-je envie de lui rétorquer !
La place dite du centenaire et la rangée d’oyats le long du boulevard de la mer n’ont fait que poursuivre les erreurs que les gestions passées ont pu commettre sur le front de mer, à savoir la gestion au coup par coup de ce vaste espace au coeur de notre station balnéaire.
Notre front de mer mérite, de toute urgence, une approche globale : circulation, stationnement, végétalisation, animation, tous ces enjeux doivent être réfléchis et doivent trouver réponses, en concertation avec les Touquettois, dans une seule et même démarche.
La place du centenaire n’est pas plus devenue « un point de rendez-vous pour les Touquettois » que le front de mer n’a fait l’objet d’une « reconquête« …
Il est temps aujourd’hui de s’atteler à cette tâche, que nombre de communes balnéaires ont entreprise, depuis des années, pour réaménager en profondeur leur front de mer.
– Population permanente: l’article nous apprend (car nous l’ignorions en effet) que « fixer une population permanente » est une « préoccupation première » de l’actuelle municipalité.

Depuis 6 ans, Le Touquet a perdu 1 000 habitants ; c’est à dire presque 20% de sa population. Des jeunes, des jeunes couples, des familles, qui ont alimenté un exode vers les communes alentours.

Pourquoi?
Bien sûr à cause des prix du foncier et de l’immobilier, qui dépendent du marché et non de la municipalité.
Celle-ci -et le maire le premier- dispose pourtant de marges de manoeuvre mais ils ont mené, depuis six ans, une contre-politique néfaste pour la population permanente : augmentation des impôts, non-construction de logements à loyers maîtrisés (9 durant le mandat, un triste record!), et aucun projet sérieux, communal ou intercommunal, en matière de développement économique. Un cocktail explosif dont nous subissons aujourd’hui les conséquences : en matière financière (nous sommes moins nombreux à financer le fonctionnement de la commune, donc chacun paye, et devra payer, plus) autant qu’en termes économiques, car la population permanente est le premier pilier de notre modèle plurisaisonnier capable de faire vivre, toute l’année, les commerçants et restaurateurs et, in fine, la station.
Non, le projet de ZAC Quentovic, élaboré dans l’opacité la plus totale et à l’encontre des intérêts du Touquet et des Touquettois, Non, le projet de ZAC Quentovic tel qu’il a été adopté par le conseil municipal le 14 octobre dernier ne permettra pas d’enrayer la fuite des habitants, car seuls 15% des logements qui y seront construits seront destinés à la population permanente.
Daniel Fasquelle a cependant raison sur un point : s’il est réélu, « Quentovic va changer complètement de visage », affirme-t-il.
A l’issue d’une vaste opération de promotion immobilière permettant de renflouer les caisses de la commune, avec seulement 15% de logements pour les familles touquettoises, sans aucun espace vert et surtout sans aucun équipement capable de dynamiser le quartier, Quentovic va en effet changer de visage. Pire, il sera défiguré.
Juliette BERNARD
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