UN CONTEXTE FINANCIER TRES SENSIBLE

Dans son dernier rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes met en exergue la « très préoccupante  évolution financière des collectivités locales ». Elle se traduit en 2013, par des charges de fonctionnement qui ont progressé plus rapidement que les recettes précise encore la Cour des Comptes.

1- Qu’en est-il au Touquet ?

Si les dépenses réelles de fonctionnement  ont progressé de près de 10 % entre 2008 et 2013 les recettes n’ont, elles, progressé que de 3 %.  Le résultat se dégrade d’année en année, et à plus ou moins brève échéance, c’est la capacité à investir de la ville qui est en jeu. Or une ville qui n’investit plus est une ville qui stagne et dont le développement économique est remis en cause puisque plus aucun projet structurant ne peut voir le jour faute de financement public.

Il reste bien entendu les projets privés mais est-ce suffisant pour l’économie locale ?

2- La baisse des dotations de l’Etat et son impact sur Le Touquet

En 2014 l’Etat a diminué de 300 000 € la dotation (1) versée à la ville du Touquet. En 2015, la baisse devrait être de l’ordre de 650 000 €.                                                                                Une somme importante qui se cumule à la baisse que nous subissons depuis plusieurs années et qu’il faudra compenser soit en diminuant les frais de fonctionnement soit en augmentant les impôts locaux (taxe d’habitation et impôt foncier). Au final il faudra donc faire aussi bien en 2014 avec 500 000 € de moins par rapport à 2008…Une équation compliquée à résoudre !

3- Comment le maire du Touquet veut-il, lui, compenser les baisses de dotation de l’Etat ?

A ce jour, il semblerait que le maire veuille privilégier une baisse des dépenses et c’est un objectif que nous avons toujours défendu. La municipalité a prévu plusieurs baisses significatives : la diminution des subventions aux associations et au Touquet Tourisme, le départ d’une vingtaine d’aides à domicile du CCAS et enfin la maîtrise voire la réduction de la masse salariale.

Bonnes ou mauvaises, ce sont des économies ! Mais seront-elles suffisantes face aux baisses annoncées des dotations de l’Etat ?

4- L’emprunt pour investir

Chaque année, la collectivité a recours à l’emprunt (entre 1,7 et 2 millions d’euros) pour financer ses investissements. Elle utilise aussi l’excédent dégagé en section de fonctionnement qui constitue la Capacité d’Auto Financement (CAF). Ce chiffre représente le financement disponible pour investir. Or si en 2002 la CAF était de 6 millions d’euros elle a aujourd’hui énormément diminué, en 2013 elle s’élevait à 3,3 millions d ‘euros et devrait se situer aux alentours de 2,4 millions d’euros en 2014.

La Cour des Comptes conclue donc en précisant : « Seule la réalisation d’économies permettra de préserver l’autofinancement des collectivités et d’éviter que l’ajustement budgétaire ne se fasse principalement par un alourdissement de la fiscalité ou par un accroissement de l’endettement. »

5- Une autre source de revenus

La vente du patrimoine de la commune est une autre ressource privilégiée par la municipalité. La vente des terrains place Quentovic, la vente du Pavillon Cousteau et du Pavillon Vivaldi…

Pourquoi ? Ces cessions ont pour objectif de créer une salle de spectacle et la rénovation du palais des congrès actuel.                                                                                                                         Si nous ne contestons pas la nécessité de rénover le Palais des Congrès et que nous sommes favorables à des investissements structurants pour l’avenir du Touquet, nous déplorons le gouffre financier dans lequel cet investissement et son exploitation à venir risque de nous plonger et le douloureux héritage que nous laisserons aux générations futures.

Il serait donc souhaitable qu’à l’avenir la recherche d’économies en matière de fonctionnement courant soit encore plus importante permettant ainsi d’absorber la baisse des dotations de l’Etat…Même si ce ne sera bien sûr pas chose aisée.                                                                                                                                                                                                                                            Il est également indispensable que la collectivité soit rigoureuse dans ses projets d’investissements et que les choix soient effectués en fonction de l’évolution de la capacité d’auto financement de notre commune.

Dans ce contexte financier très sensible, une salle de spectacle est-elle réellement envisageable ? Le maire s’est engagé à nous donner un budget prévisionnel pluriannuel qui nous permettra de répondre à cette question cruciale.

(1) DGF : Dotation globale de fonctionnement

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2 commentaires sur “UN CONTEXTE FINANCIER TRES SENSIBLE

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