Le coût « provisoire » du Palais des congrès

Lorsque Lilyane Lussignol a signé le contrat de partenariat pour l’agrandissement et la rénovation du Palais des congrès durant l’été 2016, le projet global s’élevait à 25, 7 millions d’euros. 

Dix huit mois plus tard, et quelques avenants plus tard, le coût global s’élève à 27,4 millions d’euros. Une augmentation de   6,6 % par rapport au contrat initial soit 1,7 million de plus.

C’était prévisible ! et ce n’est peut-être pas fini…D’ici la livraison de l’équipement en 2020, je crains que la note ne s’allonge comme dans bien d’autres contrats  de partenariats. La liste des PPP (partenariat publi-privé) calamiteux  pointée par la presse et par les chambres régionales des comptes est longue !

Je vous invite à lire cet article du monde qui, même s’il n’est pas récent, vous fera prendre conscience des  risques qui ont été pris par les élus de la majorité du Touquet. La commission des lois du Senat qualifiant même les PPP de « bombes à retardement ».

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/11/06/partenariats-public-prive-un-dispositif-de-plus-en-plus-decrie_4804403_4355770.html

Cette bombe à retardement devra être assumée financièrement par les touquettois…mais la responsabilité appartiendra toujours à ceux qui auront initié et cautionné ce projet.

Avec mon équipe, nous avions pour projet, en 2014, de rénover le palais des congrès sans l’agrandir. Le coût de notre projet s’élevait à 7,5 millions d’euros. 20 millions de moins que le projet actuel ! 

 

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Financement du Palais des congrès du Touquet au 9/4/2018 (voir total général)

 

 

 

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Contrat de partenariat pour l’agrandissement et la rénovation du palais des congrès

Mme Lilyane LUSSIGNOL, 1 ère adjointe, a signé, le 28 juillet dernier, le contrat de partenariat pour la rénovation et l’agrandissement du palais des congrès du Touquet.

Elle place, de facto, la ville du Touquet et donc les contribuables touquettois à la tête d’une dette de près de 26 millions d’euros. Et ce avec la totale approbation de tous les conseillers municipaux de la majorité.

Une signature lourde de conséquence pour les touquettois.

Les 5 votes CONTRE de l’opposition n’auront pas pesé bien lourd pour faire barrage à cette folie financière.

Le maire du Touquet, toujours si prompt à communiquer habituellement n’aura pas eu le courage d’annoncer à la réunion des propriétaires  du 18 août dernier la signature du contrat…Pour quelle raison ????

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le maire du Touquet Paris-Plage

Monsieur le maire,

La période des vœux est traditionnellement l’occasion pour le maire de rassembler ses administrés et de leur donner toutes les raisons de s’unir pour l’avenir de la commune.

Vous avez tenu des propos désobligeants, à l’encontre des conseillers municipaux d’opposition, lorsque vous avez abordé le projet de salle de spectacle en les considérant incapables de comprendre l’enjeu de votre projet.

Si nous ne partageons pas ce projet, ce n’est pas en raison de notre prétendue incompréhension mais bien suite à notre conviction que l’extension prévue du Palais des congrès n’apportera pas tous les bénéfices que vous nous faites miroiter et qu’aucune sécurité n’entoure le montage du projet pour les raisons suivantes :

· les prévisions d’exploitation de la salle de spectacle à court terme sont surréalistes ;

· les prospectives financières de la commune à échéance 2020 ne nous ont jamais été communiquées ;

· les conditions incontournables de cette opération sont loin d’être remplies : la vente des terrains de Quentovic, la vente du Pavillon Cousteau et la vente du pavillon Vivaldi n’ont pas encore été validées par le conseil municipal. Aucune notification des subventions de la Région, de l’Etat n’a été produite aux conseillers municipaux ;

· les conditions pour avoir recours au contrat de partenariat ne sont plus conformes au dossier initial adressé au ministère des finances pour validation.

Tant que ces points ne seront pas réétudiés ou traités, il est inutile de convoquer un conseil municipal sur ce sujet qui aboutirait à la même position de notre part.

Veuillez agréer, monsieur le maire, l’expression de nos salutations,

Juliette BERNARD Jean-Philippe BATAILLE Francis BESSON

Un cadeau empoisonné

L’extension du palais des congrès ou chronique d’une catastrophe financière annoncée…

present-307775_960_720Souvenez vous….c’était déjà l’une des promesses du candidat Fasquelle aux élections municipales de 2008 : « Créer une grande salle de spectacles pour accueillir des artistes de premier plan et faire du Touquet l’un des hauts lieux de la vie culturelle de la Côte d’Opale »

Puisque cette salle de spectacles n’a pas été réalisée entre 2008 et 2014…le maire ayant préféré réaliser des projets qu’il n’avait pas promis : des nouveaux boxes vides au centre équestre, une place du centenaire contestée… La salle de spectacles sera donc le projet phare des prochaines années.

Avec ce projet, le maire nous place à la tête d’une dette colossale de 21 millions d’euros ! Sans oublier la dette de la commune de 18 millions d’euros ! Au total, 39 millions d’euros de dettes pour les touquettois…

Qu’il faudra bien entendu rembourser… Et je n’évoque pas le déficit d’exploitation de cet équipement !

Rénover le palais des congrès et créer une nouvelle salle de spectacles semblent aux yeux de Daniel Fasquelle un chantier trop compliqué pour les services de la ville. Le maire a donc préféré signer un contrat de partenariat public-privé. Politiquement, le partenariat public-privé est formidable. L’élu a le «service », rapidement, sans payer la note immédiatement. Flatteur de pouvoir, pendant la campagne électorale des législatives de 2017, annoncer le début du chantier …

On s’apercevra trop tard que ce montage coûte très cher…la ville et le Touquet Tourisme risquant alors de se retrouver en situation de surendettement !

Nous, braves contribuables touquettois, paierons l’addition, une fois de plus ! Et quelle addition ! Plus de 8 millions à payer entre le 1 er Janvier 2016 et le 31 mars 2019. 8 millions financés par la vente des terrains de la place Quentovic, par des cessions d’autres biens communaux et par des subventions donc par les contribuables que nous sommes…Mais de cela nous n’avons aujourd’hui aucune certitude : rien n’est encore vendu loin de là, et aucune subvention n’a été notifiée. C’est donc à un voyage vers l’inconnu que le maire et son équipe nous convient.

Deux questions se posent :

1° / Une salle de spectacle de 1 500 places, est-elle la réponse adaptée aux besoins des Touquettois et de la vie commerciale de la station ?

2° / Avons nous les moyens de financer un tel projet ?

Souvenez-vous du projet de reconstruction d’une piscine sur le front de mer pour lequel le maire nous expliquait que les finances ne pouvaient pas absorber un tel projet ? Si nous ne pouvions financer une piscine comment financer l’extension et la rénovation du palais des congrès ?

En cette fin d’année, il nous reste à vous remercier pour votre fidélité, et vos encouragements à défendre les intérêts de l’ensemble des touquettois. Toute l’équipe constituée lors des dernières municipales se joint à nous pour vous adresser nos vœux les plus chaleureux pour 2016.

Texte de l’opposition pour Le Touquet Infos de décembre 2015

 

 

UNE EQUATION IMPOSSIBLE A RESOUDRE

IMG_1978Lors de la traditionnelle réunion des « propriétaires » touquettois le 14 août dernier, Daniel Fasquelle s’est livré à un exercice périlleux ! Il s’est engagé à ce que les impôts locaux n’augmentent pas jusqu’en 2020.

Avec les chantiers annoncés, si les promesses sont tenues, c’est une véritable gageure !

Deux exemples :

  • Notre hôtel de ville nécessite d’importants travaux de restauration. Le montant de ces travaux est estimé –pour l’instant- à 7 millions d’euros.

Comment la ville peut-elle financer cette dépense obligatoire ?

  • Le palais des congrès repensé et agrandi coûtera près de 17 millions aux touquettois.

A cela il faut ajouter les intérêts inhérents à ce projet pharaonique soit au total environ 30 millions d’euros.

Il faudra également absorber le déficit d’exploitation des 5 premières années (au minimum !), l’équilibre financier étant, d’après l’étude, atteint avec 200 manifestations par an !!!

Comment la ville peut-elle financer cette dépense ?

A titre d’information 37 millions d’euros, c’est plus de deux fois l’endettement de la ville du Touquet.

Par ailleurs, le maire a de nouveau évoqué la baisse des dotations de l’Etat comme dans toutes les communes françaises, soit pour Le Touquet une diminution des recettes de l’ordre de 2 millions d’euros.

Des recettes en baisse, des dépenses qui explosent !

Comment le maire va-t-il « boucher le trou » ?

-En bradant le patrimoine communal : pavillon Cousteau et pavillon Vivaldi = 2 millions d’euros) ?

-En montant une opération immobilière à Quentovic : vente de terrains – travaux d’aménagements = 3 millions d’euros

Il faut donc encore trouver 32 millions d’euros…

Pour que Le Touquet et ses habitants continuent à bénéficier des mêmes services, que les associations puissent continuer à fonctionner, que la réfection des trottoirs et de la voirie se poursuive….le maire va devoir se transformer en magicien et sortir sa baguette magique.

Nous avions fait le choix de la raison en proposant uniquement la rénovation du palais des congrès pour un montant de 6 millions d’euros.

Car ce n’est pas en baptisant la digue-promenade « Promenade des princes de Monaco » que l’argent va nous tomber du ciel !

 

UN CONTEXTE FINANCIER TRES SENSIBLE

Dans son dernier rapport sur les finances publiques locales, la Cour des Comptes met en exergue la « très préoccupante  évolution financière des collectivités locales ». Elle se traduit en 2013, par des charges de fonctionnement qui ont progressé plus rapidement que les recettes précise encore la Cour des Comptes.

1- Qu’en est-il au Touquet ?

Si les dépenses réelles de fonctionnement  ont progressé de près de 10 % entre 2008 et 2013 les recettes n’ont, elles, progressé que de 3 %.  Le résultat se dégrade d’année en année, et à plus ou moins brève échéance, c’est la capacité à investir de la ville qui est en jeu. Or une ville qui n’investit plus est une ville qui stagne et dont le développement économique est remis en cause puisque plus aucun projet structurant ne peut voir le jour faute de financement public.

Il reste bien entendu les projets privés mais est-ce suffisant pour l’économie locale ?

2- La baisse des dotations de l’Etat et son impact sur Le Touquet

En 2014 l’Etat a diminué de 300 000 € la dotation (1) versée à la ville du Touquet. En 2015, la baisse devrait être de l’ordre de 650 000 €.                                                                                Une somme importante qui se cumule à la baisse que nous subissons depuis plusieurs années et qu’il faudra compenser soit en diminuant les frais de fonctionnement soit en augmentant les impôts locaux (taxe d’habitation et impôt foncier). Au final il faudra donc faire aussi bien en 2014 avec 500 000 € de moins par rapport à 2008…Une équation compliquée à résoudre !

3- Comment le maire du Touquet veut-il, lui, compenser les baisses de dotation de l’Etat ?

A ce jour, il semblerait que le maire veuille privilégier une baisse des dépenses et c’est un objectif que nous avons toujours défendu. La municipalité a prévu plusieurs baisses significatives : la diminution des subventions aux associations et au Touquet Tourisme, le départ d’une vingtaine d’aides à domicile du CCAS et enfin la maîtrise voire la réduction de la masse salariale.

Bonnes ou mauvaises, ce sont des économies ! Mais seront-elles suffisantes face aux baisses annoncées des dotations de l’Etat ?

4- L’emprunt pour investir

Chaque année, la collectivité a recours à l’emprunt (entre 1,7 et 2 millions d’euros) pour financer ses investissements. Elle utilise aussi l’excédent dégagé en section de fonctionnement qui constitue la Capacité d’Auto Financement (CAF). Ce chiffre représente le financement disponible pour investir. Or si en 2002 la CAF était de 6 millions d’euros elle a aujourd’hui énormément diminué, en 2013 elle s’élevait à 3,3 millions d ‘euros et devrait se situer aux alentours de 2,4 millions d’euros en 2014.

La Cour des Comptes conclue donc en précisant : « Seule la réalisation d’économies permettra de préserver l’autofinancement des collectivités et d’éviter que l’ajustement budgétaire ne se fasse principalement par un alourdissement de la fiscalité ou par un accroissement de l’endettement. »

5- Une autre source de revenus

La vente du patrimoine de la commune est une autre ressource privilégiée par la municipalité. La vente des terrains place Quentovic, la vente du Pavillon Cousteau et du Pavillon Vivaldi…

Pourquoi ? Ces cessions ont pour objectif de créer une salle de spectacle et la rénovation du palais des congrès actuel.                                                                                                                         Si nous ne contestons pas la nécessité de rénover le Palais des Congrès et que nous sommes favorables à des investissements structurants pour l’avenir du Touquet, nous déplorons le gouffre financier dans lequel cet investissement et son exploitation à venir risque de nous plonger et le douloureux héritage que nous laisserons aux générations futures.

Il serait donc souhaitable qu’à l’avenir la recherche d’économies en matière de fonctionnement courant soit encore plus importante permettant ainsi d’absorber la baisse des dotations de l’Etat…Même si ce ne sera bien sûr pas chose aisée.                                                                                                                                                                                                                                            Il est également indispensable que la collectivité soit rigoureuse dans ses projets d’investissements et que les choix soient effectués en fonction de l’évolution de la capacité d’auto financement de notre commune.

Dans ce contexte financier très sensible, une salle de spectacle est-elle réellement envisageable ? Le maire s’est engagé à nous donner un budget prévisionnel pluriannuel qui nous permettra de répondre à cette question cruciale.

(1) DGF : Dotation globale de fonctionnement

« Machine de Guerre »

La rédaction de la Voix du Nord a choisi l’expression « Machine de Guerre » pour titrer son article consacré au projet de transformation du Palais des Congrès avec un montage de Partenariat Public-Privé (PPP).

A qui profitera la machine de guerre économique à 20 millions d’euros ?

Au Touquet, à Natixis et aux grandes signatures que cette banque représente ? A tous, bien sûr. A condition que le projet suive son cours comme prévu et que la clientèle soit au rendez-vous. Sinon, Natixis ne partagera aucun des risques financiers. Ceux-ci resteront à la charge du Touquet, c’est-à-dire de quelques milliers d’habitants qui auront été victimes de leur confiance aveugle envers le pouvoir en place. On constatera alors, mais trop tard, que ce projet était une véritable « bombe à retardement » !

Les exemples abondent où la formule Partenariat Public-Privé (PPP) a mis à genoux les finances d’une collectivité suite aux écarts entre prévision et réalité constatés au bout de plusieurs années. Le centre hospitalier Sud-Francilien d’Évry, le Grand Stade de Lille, le Stade du Mans…sont autant de cas où la collectivité a dû supporter déficits ou dépassements de coûts, sans compter le projet de l’Aréna de Dunkerque qui a été purement et simplement abandonné avant son lancement. Tout ceci pour la simple raison que les prévisions à 20 ans relèvent, plus que jamais, de la boule de cristal ! Le PPP, c’est un voyage dans le brouillard.

Le projet du Palais des Congrès est piloté en partie par Maître Jérôme Grand d’Esnon, l’une des éminences grises de Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l’UMP. Depuis 2008 au Touquet, la préférence clanique est de mise pour l’attribution de postes-clefs, d’interventions tant au niveau municipal (Ville et Touquet-Tourisme) qu’intercommunal et pour l’organisation régulière de différentes réunions politiques. C’est devenu un véritable rituel.

On peut alors s’interroger sur la réelle justification des projets, et sur la pertinence de montages complexes portant sur des montants financiers considérables. Rappelons que le Cabinet chargé de présenter le PPP aux élus ne s’est jamais prononcé sur l’impact du projet sur les finances de la Ville. Dans un contexte budgétaire tendu du fait de la diminution irréversible des dotations de l’État, son financement est-il compatible ?

Le Touquet va-t-il se retrouver à la tête d’un PPP toxique pour les contribuables d’aujourd’hui et de demain ?

Juliette Bernard – Jean-Philippe Bataille – Francis Besson – Alain Herman